Etat météorologique

Un moineau s’est posé sur le rebord de ma fenêtre.
Il m’a regardé à travers la vitre, nue et mangeant des fraises.
Il a voulu me prévenir de quelque chose, mais il s’est allumé une clope avec des allumettes de cuisine.
Je l’ai rejoints dehors sous la pluie et je lui ai demandé ce qu’il avait dans la tête. Il s’est mis à voler en ouvrant grand les yeux.
Lorsqu’il s’est de nouveau posé, il ne pleuvait plus et il a mis ses lunettes de soleil.
Il m’a donné une bibliothèque en carte postale et a pris de plus en plus de place.
Après c’était l’heure des mojitos et des croissants, j’avais envie de danser dans la rue, mais il passait du michel berger, alors j’ai fait la sieste.
Cela ressemblait à un cauchemar ce rouge, ces sons qui semblaient venir de loin, cette pression étrange, mais en fait c’était doux et extraordinaire.
Alors je me suis assise sur des marches et j’ai pris le moineau entre mes jambes et je lui ai dit que ça serait bien qu’il revienne quand je n’aurais pas regardé les trains partir.

Maintenant il y a un trou dans mes livres et je n’ai jamais fini mon assiette.

L’autre nuit j’ai rêvé qu’un arbre poussait dans mon frigo.

My knight in shining armor

Dans la nuit de samedi à dimanche, je rentre chez moi après une soirée.
Des amis et le taxi me déposent pas très loin de chez moi.
Trop de choses dans la tête et le coeur, besoin de marcher.

Il n’y a personne dans les rues à part cet homme.
Je ne réponds pas à son appel.
Je presse le pas.
Je prends mon téléphone.
Mon cerveau en cet instant essaye de traiter mille informations.
Un instant d’inattention et ce connard en profite. Je hurle et lui balance mon sac dans la gueule.

Je ne suis plus très loin de chez moi, toujours au téléphone je cours.
Je lutte avec la clé, me retourne cent fois pour vérifier qu’il ne m’ait pas suivi.
Je suis chez moi, ferme le verrou, n’allume pas la lumière au cas où …

Plus de peur que de mal.
Toujours au téléphone, ces larmes que je retenais pour d’autres raisons tout à l’heure, coulent. Longtemps.
Je craque.

Je m’endors d’épuisement au téléphone.

Je déteste cette peur, ce sentiment de vulnérabilité. La peur laisse place à la colère le lendemain.

——–

Il faut que ça s’arrête là. Malgré tout ce bonheur, on se fait mal.
Trop cassé tout les deux.

Il est froid et distant, je me force à me blinder.
Il craque et m’efface de sa vie.
Il me porte le coup mortel.

A terre, il ne me reste plus rien.

Que l’instinct de survie.

Je remets mon armure. Rien ne me touchera plus. Je retourne au combat.

Combattre.
Mes émotions, mes sentiments, mes peurs, mes vices, mes lâchetés.
Avancer coûte que coûte.
Tu le regretteras ce coup d’épée.

Se rappeler toujours le froid et le poids de l’arme.
Plus jamais cette faiblesse.

Je ne lui ressemble pas.

Skins

Libre de … Libre pour …
Libre tout court.



Cela fait longtemps pourtant qu’elle est partie. Sans un au revoir. C’était son genre oui.
Il y avait cet appartement vide. Sans indices et dévasté. Comme après la tempête. Comme tu nous avais laissé. Comme tu m’as laissé.
Juste des larmes qui ont coulé. Doucement. Étrangement.
Elle n’a su aimer que lui. Les autres, elle n’a jamais su comment.
Martine, des timbres, un drôle de truc en bronze, deux chandeliers, une poupée russe… Et, parait-il, une ressemblance.

Comme un signe que tu ne m’as jamais donné de le faire, oui. Tu es sur la bonne piste.

J’ai toujours rêvé d’être …

Neuf mois plus tard.

Le tenir dans mes bras.
Vouloir lire un espoir dans ses grands yeux bleus.

Savoir que cette vie n’est pas pour moi. Les voir eux, les envier. Ils semblent si parfaits. Même dans leurs défauts. Ils s’aiment, se disputent, doutent, mais sont heureux, ensemble.
Je croyais moi aussi au prince charmant, au pavillon de banlieue avec les 1,9 enfants et le chien. Mais je fais tout dans le désordre.

J’aurais voulu … Mais tu es mieux là-bas. Avec eux. Sache que j’ai fait ce que j’ai pu, que je me suis appliquée jusqu’ici. J’ai tenu aussi longtemps que possible. J’ai lutté contre mes démons. Je t’ai construit petit à petit. Je t’ai donné une chance et je ne veux pas te la gâcher.

Moi je reprends ma route, je n’oublie pas. Égoïstement je sais que tu n’as pas ta place ici et que d’autres créations me sont plus importantes. Même si parfois …

(Texte de fiction)

—————————
Des questions qui ne se posent pas. Des peurs trop tôt.
Une phrase d’un film qui me reste en tête : « Cela faisait bien longtemps qu’un homme ne s’était pas mis en tête de me rendre heureuse. »
Un mois de mars remplis de fêtes d’anniversaire et les cadeaux ne sont pas toujours pour ceux qu’on croit.

Et si…

Remember

Café. Un euro cinquante. Sourire au serveur. Le gobelet est en carton. Brulant.
Le café est limite dégueulasse, mais c’est le meilleur moment de la journée.
Le train est déjà à quai, mais il reste sept minutes avant le départ. Le café est chaud dans mes mains et je savoure le froid de l’air. Je m’installe côté fenêtre. Toujours.
Moment un peu privilégiée, moment à part, moment pour moi. Juste un café et la fraicheur du matin.
C’est l’heure. Le train démarre.
Le trajet est assez court, c’est juste ce qu’il faut pour retarder encore un peu le moment où la journée commence vraiment. Rêverie sur paysage d’hiver.
La dernière partie du trajet se fait à pied et a déjà un goût de boulot.
Gobelet vide, la journée commence.

écrit en 2005
—–


J’ai passé deux jours dans mon passé cette semaine. Deux jours à reprendre le même train qu’il y a trois ans, en se rappelant cette autre vie possible. Deux jours à faire ce que je faisais il y a maintenant cinq ans, dans cet autre pays.
La boite de Pandore s’est ouverte. Il y avait un peu trop de souvenirs, beaucoup de choses ont changé depuis ce temps-là. Aucun regret même si je n’ai pu m’empêcher de m’imaginer ce qui aurait été si …

Mais heureusement ce soir je pars vers un autre passé qui fait toujours partie de mon présent. Nice, les vacances, Nath.
Certaines choses ne changent pas et c’est tant mieux.

Souvenir

Prendre un bain

Un nouveau texte lu!
Extrait de Soie de Alessandro Baricco

Parce qu’en ces temps hivernaux on a envie de douceur et d’un bon bain chaud.
Parce que ce dernier bain.
Parce que cette douceur.
Parce que la soie.

On thin ice

La glace est fine. J’avance prudemment. Un pas à la fois. Je reste concentrée sur le prochain mouvement. La moindre inattention et tout s’effondre sous moi.

Chut. Doucement.

Sur la glace

sur la glace

J’avance. Mais un jour à la fois. Trop d’incertitudes, trop de pièges.
Des moments difficiles. J’ai tenu. Autant que je pouvais.

Il y a six ans. Un retour catastrophe, un aller retour vers ce cimetière, de belles paroles prononcées et réaffirmé dans le train vide du retour. Un poids qu’il devait prendre puisqu’il m’aimait, non ? Non. Le poids est resté, je suis partie.
Il y a deux semaines. Un soir pas comme les autres, un appel, ils sont venus. De belles paroles échangées encore. Deux jours dans cette ville, pour elle. Retour, le poids s’est accumulé. Il me pèse, mais je le laisse à l’entrée.

Ce que j’avais oublié c’est que j’en avais un autre, de poids.
Moment d’inattention. La glace se brise. Je m’enfonce dans l’eau glacée. Tout est trop lourd et me noie.

Je remonte, la rive n’est plus très loin et j’ai l’habitude d’avoir froid aux pieds maintenant.

Snow White

Il a neigé. Je n’ai plus d’eau.

(Parce qu’il me l’a soufflé)

high key

Ceci est un premier essai de High Key. J’ai eu la chance d’avoir du matos et surtout des flashs avec lesquels m’amuser (merci), avant que l’anti père Noël me les reprenne.

Ce n’était pas ce que j’avais prévu. Étranges moments, étranges réactions, rejet, acceptation. Départ.
Ce(ux) que j’aime est un poids.
Le but était de reprendre des forces. Je m’accorde ces temps. Doucement. Et elles reviennent je ne sais d’où. S’autoriser à se faire du bien et surtout ne rien faire.

Rester au chaud, avec des livres, du thé, un peu de musique. Profiter surtout.
Regarder par la fenêtre, regarder l’hiver et ne pas trop penser à ce qui va suivre.

Il s’est rendu compte que partir était plus facile que de laisser partir. Il s’est rendu compte d’autres choses aussi. Il en avait été protégé, pas moi. Je suis heureuse pour lui, mais si déjà enfant je l’avais senti pourquoi n’ont-ils rien fait contre ? Je sais pourquoi mais c’est là malgré tout.

Je reprends des forces et prépare janvier, je ne laisse pas ces aléas me détourner de mon but. Je lutte contre ces états d’esprits un peu bizarre qui se reflètent chez beaucoup.
Je les voudrais heureux et découvre des coins sombres. Comme elle le dirait ils me font le privilège d’ouvrir leur cave et je ne peux que les écouter et parfois les prendre dans mes bras.

Mais avec tout ça moi j’ai toujours pas d’eau.

Solitude

Je connaissais le stress de monter sur scène. Je sais le gérer.
Je ne connaissais pas celui de présenter son propre texte.
De n’être pas seulement actrice mais également auteur.

Alors voilà la vidéo de ma créa:

Un grand merci à Samir, Marinelly, Caroline, Coralie, Emma, Antoine et Jean-Daniel.
Merci à Elles, à eux et à lui.

The enemy within

Elle m’a accompagnée tant de jours et de nuits. Me coupant du monde extérieur.

Je suis restée tant de fois au lit avec elle. Rien d’autre alors n’existait qu’elle.

Une fois qu’elle est là aucune échappatoire, il n’y en aura que pour elle, je dois tout laissé tombé pour elle et rentrer me cacher avec elle.

Quand elle est là je ne supporte plus la lumière du jour, chaque bruit extérieur est une agression, toutes les odeurs me gênent. Les gens m’insupportent, je voudrais qu’ils se taisent, arrêtent de faire ces gestes brusques et juste disparaissent et me laissent tranquille.

Elle me pourri la vie.

La douleur est si insupportable que le moindre mouvement est une torture. J’ai envie de comprimé ma tête si fort, espérant toucher la douleur et l’expulser. Je coince ma tête entre le mur froid et ma main, un doigt cherchant à s’enfoncer aussi loin que possible dans mon oeil. Celui à travers lequel passe cette barre qui traverse toute ma tête.

De douleur, je ne peux rien faire, et c’est là qu’insidieuse elle attaque. Sans distractions extérieures, seule, exténuée, c’est là que viennent les pensées. Les noires. Celles qu’on chasse vite fait d’habitude et qui là, reviennent plus insistantes que jamais. Et elles ne viennent jamais seules.

On s’endort d’épuisement et on se réveille de douleur et recommence alors le ballet des pensées déprimantes, culpabilisantes, décourageantes.

my curse

my curse

Et puis au bout de 24h, parfois un peu plus, elle décide de partir. Passé le moment d’euphorie et le sentiment de libération, il ne reste qu’un sentiment de temps perdu, de gâchis. J’en ressors déprimée, frustrée, en colère et sans force.
Je lutte contre elle depuis quelque temps déjà. Certains savent, mais la plupart ne comprennent pas. Je ne la souhaiterais pas à mon ennemi. Je ne la souhaite à personne.
Elle vient un peu moins souvent depuis un an et demi. Un jour peut être arriverais-je à la quitter définitivement.